Continuité pédagogique

Retrouvez ici notre lettre à Monsieur Sauzet (proviseur du LFJT) concernant la continuité pédagogique pendant la fermeture du LFJT, et sa réponse en dessous, ainsi que celle de Benoit Guidée, conseiller culturel à l'Ambassade de France au Japon:

Tokyo, le 24 mars 2011

Bonjour,

   Nous savons que pour vous tout est bien compliqué en ce moment, et que vous avez de nombreuses choses à gérer en cette période difficile. Nous souhaitons cependant attirer votre attention sur le manque de temps apparemment accordé à la question des enfants restés sur Tokyo et/ou non-rescolarisés. La question est double : rien n'a été prévu pour accueillir les enfants dont les deux parents travaillent (vous n'êtes pas sans savoir qu'à Tokyo, pour les entreprises et les administrations japonaises, la vie continue presque comme à l'ordinaire) ; par ailleurs, certains enseignants n'ont pas encore contacté leurs élèves ni fourni de travail à leurs classes.

   Nous ne doutons pas que vous êtes actuellement totalement mobilisés pour trouver une solution en fonction des résultats du recensement lancé mardi, mais nous voudrions insister sur l'importance de cet aspect. Nous avons reçu plusieurs messages de parents restés sur Tokyo, étonnés que le Lycée ne s'adresse à eux que si tardivement (le mail de recensement date du mardi 22 mars) alors même qu'on a l'impression que depuis le début beaucoup est fait pour les familles pouvant se délocaliser facilement.

   Une famille nous écrit par exemple ces mots bien représentatifs de ce sentiment :
Cette situation met en lumière la non priorité des familles installées au japon avec des contrats locaux.
Ces familles auraient dû être contactées et recensées bien avant, ne serait-ce que pour rassurer les enfants sur Tokyo. Les enseignants ont tous une liste avec les coordonnées de leurs élèves et auraient pu les contacter. Il m'est difficile de comprendre qu'une équipe pédagogique soit sur Kyoto et que les enfants sur Tokyo soient ainsi laissés sans nouvelles.
  
   Dans le même ordre d'idée, sans systématiquement traduire tous les messages si vous n'en avez pas les moyens, les parents d'élèves japonais (présents dans près de 40% des familles du LFJT) apprécieraient sans doute de la part du Lycée ne serait-ce qu'un petit mot dans la langue du pays.

    Pour ce qui est du suivi à distance (via Internet), les familles s'attendaient à une organisation plus rapide et plus étoffée, comme nous vous l'avons suggéré dès les premiers jours, et d'autant plus depuis qu'une telle mise en place est explicitement annoncée dans les communications du Lycée et de l'AEFE.

    Les enseignants ont été sollicités, mais ont-ils une obligation de répondre à cette sollicitation ? Nous comprenons que certains sont peut-être en ce moment-même en situation précaire, peut-être sans connexion Internet, en transit…. Mais ne pourraient-ils pas a minima envoyer un programme de révisions ? Par ailleurs, cela rassurerait vraiment les enfants de recevoir un mail de leur enseignant. Utilisant les moyens très simples et gratuits offerts de nos jours par Internet, certains enseignants ont d'ores et déjà fait un travail formidable, créant des groupes pour que les enfants se donnent des nouvelles, donnant des devoirs quotidiens à leurs classes, et ce dès la première semaine. D'autres n'ont à ce jour toujours pas donné signe de vie à leurs classes…. Pour les élèves qui se trouvent dans ce cas, il n'est pas acceptable d'être simplement renvoyés au CNED, comme le suggérait votre mail de réponse d'hier

   Pour le secondaire, la remise en ligne de Pronote est un élément positif, et nous apprécions vraiment beaucoup que les enseignants commencent à y placer des messages et des contenus de cours. Mais c'est ressenti par les familles sans école comme un strict minimum (et bien tardif) (…à défaut de création de groupes et de forums, ou  de rendez-vous Skype – peut-être organisés ponctuellement ? mais dont nous n'avons pas encore eu l'écho).

   De nombreuses familles hésitent à revenir le 4 avril, voire à finir l'année scolaire ou même revenir en septembre. Le LFJT devrait choyer ceux qui n'ont pas eu le choix ou fait le choix courageux de rester malgré les circonstances, et non donner l'impression de les renvoyer dans leurs cordes (voir le CNED) ou de les ignorer. Certaines de ces familles envisagent maintenant de mettre leurs enfants dans le système japonais, ce serait dommage de les perdre.

    Bien cordialement,

Pour le bureau de l'AF- FCPE
Dominique Ouedraogo Peguin

 


Bonsoir,

J'ai bien pris connaissance ce soir de votre courrier ainsi que de la réponse que notre conseiller culturel vous a adressée. Je tiens à vous assurer de notre volonté de préserver au mieux la continuité pédagogique au bénéfice de tous nos élèves, en particulier de ceux qui ne sont accueillis dans aucune structure scolaire. C'est à eux qu'est destinée la plateforme pédagogique mise en place le week end dernier.

Pour ce qui est de la communication en direction des familles elle est bien entendu pour nous essentielle et nous nous efforçons de la maintenir en dépit de nos moyens limités du fait des circonstances.
Concernant le rôle des personnels enseignants dans l'alimentation de notre plateforme pédagogique qui a cinq jours d'existence, nous les avons sollicités à plusieurs reprises. Je note positivement comme vous que nombreux sont ceux qui l'ont nourrie activement tout en maintenant un lien direct avec leurs élèves en parallèle.  Pour autant, nos enseignants comme  nos élèves sont dispersés de par le monde (30 pays différents pour les élèves) et nos relances ont nécessairement leurs limites. Les ressources du CNED peuvent donc suppléer cette carence comme je vous l'avais dit.

Comme vous le savez, notre objectif est bien de préserver la scolarité de tous en défendant l'intérêt général, celui de notre communauté scolaire pour laquelle est construit le projet de nouveau lycée. Dans les circonstances difficiles que nous vivons actuellement nous avons voulu nous intéresser au sort de tous nos élèves qu'ils soient en France, au Japon ou dans un autre pays. Les attentes et les demandes sont nombreuses et variées et nous essayons de toutes les traiter.  
Notre souhait reste de retrouver un fonctionnement normal au plus tôt en dépit des incertitudes que vous savez. J'espère pouvoir bénéficier alors du soutien et de l'engagement de tous, parents, élèves et personnels et mets tout en oeuvre depuis Kyoto avec l'appui de l'AEFE pour pour y parvenir.

Bien cordialement à vous,

Michel SAUZET

Proviseur du LFJT


Bonjour,
 
J'ai bien pris note de vos observations. Le soutien scolaire aux enfants restés à Tokyo constitue une priorité de l'Ambassade et du Lycée. C'est pourquoi nous nous efforçons de reprendre les cours au plus vite. Le Proviseur du Lycée sera de retour très prochainement à Tokyo et prépare déjà activement la rentrée du LFJT à partir de Kyoto. Dans l'intervalle, des solutions d'enseignement à distance ont été mises en place. Le Proviseur, qui accorde une grande attention à cette question, a appelé les professeurs du Lycée à se mobiliser à cette fin. Naturellement, dans les conditions présentes, des difficultés sont inévitables. Merci de nous signaler les problèmes concrets rencontrés afin que nous puissions réagir rapidement.
 
Cordialement,
 
Benoît Guidée

Conseiller Culturel de l'Ambassade de France au Japon


publié le 25 mars 2011