L’enseignement des langues au primaire: la position de l’AF-fcpe

L’enseignement des langues au primaire :

la position de l’AF-fcpe

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La question des langues et celle du japonais ont toujours été centrales dans la vie du lycée et l’AF-FCPE, depuis sa création, s’est toujours mobilisée sur ce sujet .
Les vœux de parents d’enfants du JLM récemment remis à la direction du primaire en ont montré encore une fois l’actualité, témoignant d’une attente forte et encore insatisfaite.
Nous aimerions profiter de ce contexte et de la prochaine réunion d’une commission sur l’enseignement des langues au primaire pour réaffirmer nos demandes dans le domaine des langues et en particulier dans le domaine du japonais au niveau du primaire. Nous vous invitons à réagir à ces propositions afin que nous puissions prendre en compte vos idées, vos attentes, dans la discussion à venir.

Pour le JLE au primaire

Le sentiment de recommencer chaque année à apprendre les mêmes choses (apprendre à se présenter, etc) - exprimé depuis qu’il y a du japonais au LFJT… -  reste très fort chez une partie du public, ce qui est profondément démotivant pour les élèves concernés. On pourrait espérer que des enfants ayant suivi ce cours pendant plusieurs années sachent « se débrouiller » pour échanger avec d’autres enfants japonais dans des situations simples. Les ressources pédagogiques actuellement disponibles en JLE (basées sur une perspective « communicationnelle », voire « actionnelle ») devraient faciliter une telle évolution (voir par exemple le manuel Dekiru Nihongo paru cette année).

·        Le but étant d’atteindre le niveau A1 en fin de primaire, le recours à une évaluation extérieure (le Nihongo Noryoku shiken – Japanese Language Proficiency Test – niveau 5 qui a le mérite d’être internationalement reconnu et de tester presque l’ensemble des compétences communicationnelles) pourrait être une solution pour orienter l’enseignement vers une meilleure prise en compte des besoins. Il pourrait être proposé de façon optionnelle aux élèves ayant suivi l’enseignement de JLE pendant une durée qui reste à déterminer (3 ans ou 4 ans ).

·        La nécessité s’impose de renforcer dans la mesure du possible la différenciation entre les niveaux, afin que chacun puisse y trouver son compte et ait le sentiment au terme de son apprentissage d’en avoir tiré quelque chose.

·        De ce point de vue la création d’un « porte-folio personnel de compétences » (utilisable à tous les niveaux d’apprentissage) conçu spécifiquement pour les élèves du LFJT pourrait contribuer à la motivation des élèves (listes de compétences, à cocher soi-même par chaque enfant - en coopération avec l’enseignant - au fur et à mesure de leur acquisition, et où il serait aussi possible pour l’enfant de tenir -en français- le journal d’épisodes de la vie réelle où il a réellement utilisé chacune de ces compétences)

·        Nécessité de renforcer la liaison entre les enseignants et les parents. Nous nous réjouissons de la réapparition récente sur le site du lycée des objectifs d’apprentissage dont nous aimerions cependant une présentation plus détaillée de la progression afin d’aider les parents à suivre le travail de leurs enfants.

·        Multiplier les contacts avec les enfants japonais du même âge autour de projets d’échange – rencontre sportive, culturelle…

Pour le JLM au primaire

Etant donné que selon les chiffres donnés lors du dernier conseil d’établissement par la direction il y a une forte proportion de familles franco-japonaises aujourd’hui au lycée, familles auxquelles il faut ajouter une part importante des familles résidentes au Japon dont les enfants sont souvent japonophones et sachant que ces familles constituent en soi l’effectif le plus stable de la clientèle du lycée, la question de l’enseignement du JLM - langue du pays d’accueil, rappelons-le - dans le cadre d’un lycée français de l’AEFE, c’est-à-dire clairement inscrit à l’intérieur de l’Education Nationale, est absolument centrale.

·        Tout d’abord, même si le projet a semble-t-il été enterré au dernier conseil d’établissement, nous tenons clairement à réaffirmer notre attachement à la création d’une section bilingue au lycée franco-japonais. Nous saluons les efforts que la direction du primaire montre pour promouvoir actuellement le JLM mais il nous semble que le LFJT peut aller plus loin encore.

·        En l’absence pour l’instant de section bilingue à proprement parler les directions qui peuvent être prises sont de plusieurs ordres – ces mesures sont complémentaires et en rien exclusives les unes des autres :

·        Créer des choix plus individualisés pour les enfants qui pourraient leur faire privilégier le japonais à l’anglais, en choisissant de faire davantage d’heures de japonais et moins d’heures d’anglais.

·        renforcer les horaires hebdomadaires en japonais : pour que l’apprentissage du japonais ne se réduise pas à un bachotage des kanjis et puisse être une pratique équilibrée de la langue (passant par la lecture, la pratique de l’oral, la rédaction) il est indispensable que les enseignants disposent d’une plage horaire hebdomadaire plus vaste.

·        Développer une DNL (Discipline non linguistique : par exemple, l’histoire-géographie qui serait enseignée en japonais) qui renforcerait encore la pratique de la langue. Il nous semble indispensable, même si une section bilingue n’est pas créée que le japonais pour le JLM ne soit pas seulement enseigné comme langue mais qu’il soit aussi présent comme vecteur d’un enseignement.

·        Poursuivre les initiatives de l’automne : amener les enfants dans des bibliothèques de quartier pour les inciter à emprunter des ouvrages en japonais.

·        L’enseignement du Japonais doit être considéré comme un tout de la maternelle au secondaire. Il apparait indispensable qu’un coordinateur soit nommé pour l’ensemble de l’établissement, coordinateur connaissant la problématique de l’apprentissage du japonais et pouvant assurer la liaison entre le primaire et le secondaire. Il serait souhaitable aussi qu’un des enseignants de japonais du primaire soit officiellemennt en charge de la coordination de l’enseignement au seul niveau du primaire, avec ce titre de façon officielle, afin d’assurer la cohésion des pratiques enseignantes, dans le respect bien entendu de la liberté pédagogique de chaque enseignant.

·        Pour finir, comme pour le JLE, la communication avec les parents doit être renforcée en particulier en début d’année. Les objectifs à atteindre, les devoirs à la maison, les attentes des enseignants doivent être clairement précisés en français et en japonais. La signature des cahiers par les parents doit être davantage explicitée, tout comme sa périodicité, trop de parents ignorant que les cahiers de japonais doivent être signés. Des supports pédagogiques susceptibles d’être utilisés à la maison en complément ou en accompagnement des apprentissages faits en classe (cahiers d’exercices, annales, etc.) doivent être indiqués aux parents, l’ampleur des publications parascolaires rendant les choix malaisés.

Pour l’anglais au primaire

Ici encore les parents aimeraient une plus grande et plus fréquente liaison entre les enseignants. On aimerait en particulier qu’il y ait un retour fréquent du cahier (si cahier il y a) d’anglais afin de pouvoir suivre davantage le travail de l’enfant et connaître de façon concrète sa progression.

Il serait bon que les enseignants commentent sur le bulletin semestriel le travail de l’enfant.

Développer les initiatives prises à l’automne d’emmener les enfants dans des bibliothèques anglophones  et de favoriser le contact avec des enfants anglophones de la British School.


publié le 5 décembre 2011